Les chevaux ont-ils une mémoire musculaire ?

Les chevaux ont-ils une mémoire musculaire ?

Je poursuis une série de questions qui ont été suscitées par une citation : "Les musiciens doivent s'entraîner jusqu'à ce que la mémoire musculaire s'installe, jusqu'à ce que le cerveau soit libre d'oublier, mais que le corps se souvienne encore clairement." Quel est le rapport avec les chevaux, demandez-vous ?

Les chevaux ont-ils une mémoire musculaire ? Pourraient-ils avoir une mémoire musculaire plus rapide et meilleure que celle des humains ? Cela aiderait-il à expliquer pourquoi la répétition constante peut en fait inverser le progrès ? Serait-il avantageux pour un animal proie d'avoir la mémoire la plus rapide ? Et cela aide-t-il l'homme à s'en souvenir lorsqu'il travaille avec des chevaux ? J'ai trouvé des articles et des opinions sur la mémoire musculaire chez le cavalier, mais rien de notable pour le cheval.

Sciences : l'étonnante mémoire affective des chevaux | Le Mag des cavaliers  voyageurs


Le terme "mémoire musculaire" désigne communément la séquence quasi automatique et fluide d'actions qui servent un but, comme jouer d'un instrument ou exécuter une manœuvre athlétique complexe. Mais le terme est trompeur car les muscles n'ont pas de mémoire et le cerveau n'a pas oublié. Ces mouvements rapides et efficaces résultant de la pratique sont des mémoires procédurales stockées dans des zones du cerveau qui fonctionnent en dehors de la conscience.


Quel est l'effet de la pratique ?


Lorsqu'une nouvelle habileté ou séquence motrice est tentée pour la première fois, elle requiert une attention consciente et un retour sensori-moteur sur les mouvements qui conduisent au résultat souhaité. Lorsque le comportement est répété, la séquence d'actions devient inconsciente et automatique, libérant ainsi l'attention pour apprendre autre chose tout en exécutant l'action de manière irréprochable.

Nous ne pouvons pas connaître l'état de conscience d'un animal, mais nous pouvons surveiller son attention et son temps de réaction. Votre question porte sur les chevaux et leurs progrès pendant l'entraînement, mais les mêmes principes s'appliquent à d'autres animaux et situations. Par exemple, les rats de laboratoire apprennent à compléter un labyrinthe par essais et erreurs, pour finalement atteindre la boîte de but avec de la nourriture. Au début, le rat est lent et commet de nombreuses erreurs, un processus laborieux qui nécessite un apprentissage explicite. Après s'être entraîné plusieurs fois à la séquence de virages à droite et à gauche, le rat apprend à parcourir le labyrinthe rapidement, sans effort, automatiquement et apparemment inconsciemment. À ce stade, la mémoire implicite (procédurale) est à l'œuvre. Bien que ce processus soit souvent avantageux dans l'entraînement, une fois qu'il commence, la séquence de comportement peut être difficile à interrompre ou à modifier.

 

Le cheval dans les collections | Pages

Le terme "apprentissage des habitudes" est une autre façon dont la pratique peut affecter certains des comportements auxquels votre question fait référence. L'habitude est un comportement réflexif provoqué par des stimuli antérieurs plutôt que contrôlé par les conséquences. Les habitudes s'acquièrent par des expériences répétées et peuvent devenir fixes et inflexibles. Le temps de réaction comprend le temps nécessaire pour initier une réponse et compléter une séquence de comportement. Dans de nombreux cas d'apprentissage séquentiel, l'animal devient plus lent à initier l'action mais plus rapide à compléter la séquence, et ce schéma est caractéristique de l'apprentissage des habitudes.


Les chevaux ou les humains sont-ils plus rapides ?


Les espèces et les individus diffèrent dans leur potentiel génétique de mouvement rapide et coordonné, dans la force et la souplesse de leurs muscles et dans leur capacité à apprendre certaines choses. Les chevaux pourraient très bien être plus rapides que les humains dans des situations d'entraînement typiques.

Tout d'abord, les chevaux sont généralement plus forts et plus rapides que les humains. Deuxièmement, si la fuite du cheval est à la fois efficace et pratiquée, la séquence d'action pourrait devenir très rapide ; le cheval apprendrait à anticiper la menace et la réponse deviendrait inconsciente et automatique. Troisièmement, les gens s'approchent généralement des chevaux et, selon la personne et la situation, peuvent être perçus comme une menace potentielle, ce qui pourrait déclencher une séquence d'action de fuite. En revanche, l'entraîneur ne perçoit généralement pas le cheval comme une menace.

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Les chevaux peuvent également être préparés à prêter attention aux menaces potentielles et à prendre rapidement des mesures défensives. Certains animaux de proie semblent être particulièrement sensibles aux objets "imminents" (qui s'approchent) qui sont perçus comme un danger. Les humains ont également une perception biaisée des menaces ; ils sont plus rapides à détecter et à prêter attention aux images de serpents qu'à celles d'autres créatures qui ne présentent aucun danger, comme les oiseaux, les chats et les poissons.

L'apprentissage procédural et la mémoire des séquences motrices ont été étudiés par des psychologues cognitifs et des neuroscientifiques. Je n'ai pas connaissance d'études publiées sur ce sujet chez les chevaux, mais ce serait un sujet de recherche intéressant !

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